Suède : l’argent liquide en voie de disparition

Suède : l’argent liquide en voie de disparition

[quote]Christophe Bourbier, Président de Limonetik[/quote]

Au musée du groupe Abba à Stockholm, les règlements en espèce ne sont plus acceptés. La raison ? Selon l’un des membres du groupe dont le fils s’est fait cambriolé son appartement, l’argent liquide nourrit la criminalité.

Bienvenue dans le pays des transactions électroniques !

En Suède, les transactions en liquide ne représentent que 3% du total des transactions contre 9% sur l’ensemble de la zone euro. Des salles de sport aux tickets de bus en passant par certains commerces et services, tout passe par la carte bancaire ou le téléphone portable. Deux raisons sont clairement évoquées par les commerçants qui rejettent les billets et les pièces de monnaie : ils sont à l’abri des braquages et constatent un réel gain de temps.

Les paiements électroniques sont en effet bien plus rapides à traiter que les paiements en espèces. Pour les banques, c’est la même chose. Certaines d’entre elles ont d’ailleurs déjà arrêté de traiter les paiements en liquide. C’est le cas de la Swedbank pour laquelle les transactions des clients en cash ne représentaient que 5% du total. Elles ne sont pas optimistes sur la durée de vie des espèces et prévoient leurs morts d’ici 2030. Les chiffres sont éloquents : le nombre de braquages de banques est passé de 110 en 2010 au chiffre anecdotique de 16 en 2011. Mais parallèlement à cela, la cybercriminalité a, elle, été multipliée par 7 entre 2000 et 2011. On assiste clairement à une mutation de la criminalité.

Les consommateurs nordiques friands de nouvelles technologies

Les Suédois, comme leurs voisins du nord de l’Europe, s’adaptent très vite aux systèmes de paiements électroniques, et ce, dès le plus jeune âge. On peut devenir propriétaire d’une carte bancaire dès 13 ans. Une population a plus de mal avec toutes ces nouvelles technologies : les personnes âgées. Pour elles, cela va trop vite. Certaines d’entre elles n’arrivent pas à retenir leur code de carte bancaire et sont donc obligées de l’écrire… Pas très sécurisé !

Et qui dit carte bancaire dit plus grand coût mensuel pour les consommateurs, dû aux frais de la possession d’une carte de crédit. Un autre désavantage pour les utilisateurs, c’est la perte totale d’anonymat car toute transaction sera automatiquement enregistrée. Ils sont suivis à la trace… Une question se pose alors, l’idée de la Suède de dire au revoir au cash ne serait-elle pas une manière d’éviter au maximum les évasions de capital et l’utilisation d’argent non déclaré ?

Quoiqu’il en soit, la Suède, qui fut l’un des premiers pays européens à introduire l’usage des billets de banque au XVIIème siècle, pourrait également devenir l’un des premiers pays à les faire disparaître. C’est peut-être bien le début de la fin. Pour le moment, l’Union Européenne ne dit rien. Son silence sonne comme un consentement.