Quelques conseils utiles avant de lancer sa place de marché avec Christophe Bourbier, PDG de Limonetik

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Quelques conseils utiles avant de lancer sa place de marché avec Christophe Bourbier, PDG de Limonetik

Christophe Bourbier était l’invité de Yannick Urrien mardi 14 avril : il vous donne quelques conseils utiles avant de lancer sa place de marché.

Dans toute la France, on voit se développer depuis quelques semaines de nombreux projets de sites de commerce en ligne et de places de marché. Il s’agit souvent de groupements de commerçants, d’offices de tourisme ou de municipalités qui tentent ainsi d’initier des plates-formes pour regrouper des producteurs locaux. Mais le pari est risqué, car la réglementation est complexe. Il y a la question de la responsabilité des vendeurs, mais aussi de la plate-forme, et l’on ne peut pas s’improviser du jour au lendemain comme intermédiaire de paiement. Face à cela, Limonetik propose une solution de gestion automatisée des moyens de paiement en ligne pour les sites Internet et les places de marché. L’entreprise est l’une des plus connues en France, puisqu’elle travaille notamment avec des groupes comme Vente-Privée, Fnac, Conforama ou Deliveroo. Notre entretien avec Christophe Bourbier, PDG de Limonetik, est donc particulièrement pertinent en cette période.

Christophe Bourbier rappelle que « la valeur ajoutée d’une plate-forme comme Limonetik, c’est de permettre aux marchands d’accéder à deux types de services. D’abord, le service technique, c’est-à-dire la connexion à tous les moyens de paiement, comme Visa, MasterCard, ou PayPal. Il y a ensuite la partie financière, puisque je dois récupérer l’argent de ces moyens de paiement. Les banques savent récupérer l’argent de ces moyens de paiement, mais elles ne savent pas toujours gérer la technique. Les opérateurs techniques savent faire la connexion aux moyens de paiement, mais ne savent pas récupérer l’argent. Limonetik sait faire les deux. Nous permettons aux marchands de se connecter à 185 moyens de paiement. C’est beaucoup pour la France, mais cela représente une soixantaine de pays un peu partout dans le monde. Et, en plus, nous aidons le marchand à recevoir l’argent à partir de tous ces moyens de paiement ».

On voit des réseaux de producteurs locaux ou des offices de tourisme qui essaient de monter des places de marché en ce moment, mais on constate qu’il n’y a pas de RGPD. On ne sait pas qui est responsable du paiement et qui encaisse, ni quel est le degré de responsabilité entre la place de marché et le commerçant. Christophe Bourbier explique : « Il est normal que la société s’organise pour qu’il y ait des biens et des services qui soient plus directement amenés du fournisseur vers les acheteurs. Je trouve que c’est une bonne chose, cela permet de créer des liens, mais il faut savoir que le paiement est regardé de très près par la Banque de France. Si je suis une place de marché et si j’encaisse de l’argent pour des produits qui sont proposés par des vendeurs divers et variés, comme des producteurs fermiers, ce n’est pas mon argent, puisque j’encaisse ces sommes pour le compte de mes vendeurs. Donc, je fais le travail d’une banque qui consiste à encaisser de l’argent qui n’est pas le mien et que je vais devoir mettre à la disposition des producteurs. C’est bien pratique, mais c’est une lourde responsabilité. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, qui est une émanation de la Banque de France, veut s’assurer que les acteurs qui encaissent de l’argent qui ne leur appartient pas, respectent très précisément certaines règles : notamment, pour vérifier que cet argent ne sert pas à payer des salaires et que cet argent va bien sur un compte tampon. Et, ensuite, il faut prouver que cet argent ne va pas aller vers des gens malhonnêtes ou qui ne sont pas habilités à recevoir de l’argent par la Banque de France. Donc, il faut faire très attention à la gestion des paiements, parce que cela implique de lourdes responsabilités sur la gestion des flux. Si la place de marché fait cela seule, elle doit prouver régulièrement qu’elle fait bien son travail auprès de la Banque de France, sinon elle doit faire appel à une société comme Limonetik. »

Donc, si un office de tourisme local veut rassembler des producteurs locaux, il n’a pas besoin d’avoir l’accord de la Banque de France pour créer sa place de marché en faisant appel à une société comme Limonetik : « Exactement. C’est notre travail. Si l’on ne fait pas attention à tout cela – je rappelle que c’est du pénal – le responsable d’une place de marché qui ne respecterait pas les règles de la directive des services de paiement risque potentiellement une condamnation pénale. »

Ecoutez l’entretien avec Christophe Bourbier