Manager éthiquement son capital humain, mais encore ? Tribune de Corinne Estève – DRH

Manager éthiquement son capital humain, mais encore ? Tribune de Corinne Estève – DRH

Ne nous mentons pas, l’objectif d’une entreprise est d’être rentable et de faire du profit. Une entreprise n’a pas comme but premier d’être philanthropique et humaniste. Pourtant, de la même manière que nous parlons de capital économique, le capital humain est le cœur du réacteur entrepreneurial. Comment manager ce capital humain ?

 À la recherche de l’éthique perdue

Si aujourd’hui l’éthique fait autant de bruit, ce n’est pas chose nouvelle. Aristote déjà divisait la « science de l’homme » en trois grands domaines spécifiques : économique, politique et éthique. Le philosophe définissait celle-ci comme la science de l’homme auto-centrique, recherchant des règles morales pour sa propre conduite de vie.

En 1776, Adam Smith émancipait l’économie de la morale dans l’Essai sur la richesse des nations, premier ouvrage moderne d’économie. Une version de l’éthique des affaires était née ! Aujourd’hui forte d’un modèle économique et social en crise, la société a conscience d’un besoin de changements profonds. L’enjeu est pour beaucoup de trouver une nouvelle voie conciliant croissance économique, amélioration du niveau de vie et respect de l’environnement ; cela au niveau mondial.

Tout le monde parle d’éthique ; mais qu’est-ce que cela implique ? 

L’avez-vous constaté vous aussi ? Une majorité d’entreprises rédigent, affichent, prônent des « chartes éthiques » et mettent en avant leur politique RSE. À croire que les dirigeants et les DRH sont à la recherche de plus d’humanité dans leurs rapports aux collaborateurs. Les mentalités semblent avoir évolué à la manière d’une lame de fond. Il apparaîtrait donc que nous assistions à une résurrection réelle de l’éthique. Alors pourquoi sur le terrain cela ne se retranscrit pas toujours ?

La quête du Graal ultime, « performance », ne rime pas avec un forcing tyrannique ! Avoir un management éthique passe par le respect de l’individu, de son intégrité. Le collaborateur doit se réaliser par lui-même, en tant qu’individu, avant d’être un salarié engagé. Manager éthiquement, n’est-ce pas respecter l’individualité et la singularité de ses collaborateurs ; des individus qu’ils sont ?

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